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Grandeur et décadence de Kramine Plétore ou l’essor de l’économie nippone par l‘introduction du chat-bite au Japon
C’est ainsi que depuis l’âge de quatorze ans, chaque samedi, Kramine s’entraîne à courir nu sur les terrains de football de la région niortaise, quelques minutes avant le coup d’envoi. Il fit donc ses classes sur les terrains municipaux, slalomant sur la terre fraîchement battue, sous les olas des gardiens de stades et les « sale pédé » des défenseurs centraux. En guise de réplique, Kramine avait d’ailleurs abandonné depuis longtemps l’habituel « c’est pas ce que disait ta mère hier soir » pour un revanchard « quand je serai une star internationale vous viendrez me supplier de venir streaker avant vos matches de merde ».
Car il était pas fou le Kramine, il avait un plan de carrière. Aidé par son père qui lui organisait ses sorties (« Rien avant le Savigny-Brie-Comte-Robert du 18 septembre, et ensuite on frappe un grand coup au Wasquehal-Camembert du 1er octobre. »), épaulé par sa mère qui lui repassait son imperméable (« S’il est pas repassé t’auras du mal a l’enlever mon Kraminou » lui disait-elle, bienveillante), Kramine savait ménager ses apparitions et se sentait, à bientôt vingt-huit ans, prêt à tenter le coup d’éclat.
Le clou d’une carrière.
Le sommet d’une vie.
Il se voyait déjà nommé « Niortais de l’année » par la rédaction du Chamois, le mensuel des supporters, sa photo en première page, entre l'édito de Rémi Bigorneaux et la chronique de Franck Lebœuf.
(p.7)
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