Crimes et jeans slim




Dans ces douloureuses circonstances, on comprendra qu’Adé, Rod et Thibault obtinrent difficilement l’autorisation de se rendre à la bibliothèque municipale. Une pellicule d’angoisse recouvrait le monde. Les parents étaient aux cent coups, envisageant toutes les hypothèses, toutes les solutions : constituer des comités, des groupes de pression pour obtenir des moyens supplémentaires, organiser des marches silencieuses, mais vers où ? Occuper des locaux, mais lesquels ? préparer la fuite des jeunes filles vers une autre ville ou, au contraire, les regrouper dans un lieu tenu secret, espèce de couvent gardé par des vigiles, des chiens, des systèmes d’alarme ?
Certains faisaient paraître des billets d’humeur dans les journaux, mais les cibles habituelles de la colère publique paraissaient peu convaincantes, pour assumer le rôle de celui que d’aucuns, sans se gêner, avaient surnommé « le tueur de pouffes »…

(p.151)

 

 
       
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